Dans l'immeuble de Jeanne il y a une drôle de femme.
Elle parle seule dans la rue,elle crie,elle pleure.
Un jour elle a jeté une télévision de sa fenêtre.
Un autre elle gesticulait au milieu du carrefour.
Tout le monde dit qu'elle est folle.
Imprévisible,inattendue,déraisonnée.
Folle !
Folle !
Folle !
Mais un jour à Jeanne elle a parlé.
Dans le local poubelles,quelques mots sur les fins de mois qui durent 30 jours,les illusions qu'on enterre,et l'avenir qu'on n'espère même pas voir arriver.
Puis elle s'est tue,et elle est partie.
Un mois après,les voisins demandèrent à Jeanne de signer une pétition pour l'expulser.
Jeanne refusa.
Car Jeanne avait compris qu'elle n'était folle que de lucidité.
Et l'expulser n'était autre que le refus d'être confronté à cette conscience désespérée qu'elle incarne :
Le chemin d'une vie est parsemé de mille et un cailloux qui n'indiquent pourtant aucune direction.